D’UNE PEINTURE expressionniste...

 
 

Il y a des jours où j’envie les peintres abstraits.

Laisser son pinceau vagabonder sur la toile, au gré des gestes et des couleurs, cela doit parfois procurer des découvertes et générer bien des enthousiasmes  productifs. Mais je crois qu’un peintre abstrait doit être motivé par de grandes exigences intérieures pour être sincère avec lui-même et avec les autres. Dans le doute, et bien que détestant les étiquettes, je demeure farouchement expressionniste, figuratif... et gestuel.

Je loue le ciel qui chaque matin me gratifie d’une idée nouvelle que je mâchonne comme un vieux chiqueur et qu’ensuite je «crache» sur la toile.

J’ai délaissé la Capitale, ses encombrements et ses gens pressés,maladroits aux visages tristes et crispés. J’ai découvert en Normandie le monde des travailleurs de la terre, des cultivateurs, des pêcheurs aussi. Que leurs gestes restent immuablement beaux, puissants et rationnels. J’aime leur façon pataude de se mouvoir. Leur authenticité bourrue me touche et ne cesse de m’inspirer. Ce monde agraire me permet de décliner à l’infini tous les ocres si présents dans ma peinture et de mise à l’automne d’une vie.


Jacques AUBRY -  2005





... À L’ABSTRACTION.


J’ai fini par franchir le pas. Après avoir envié secrètement les peintres abstraits, les vrais, les authentiques, ceux-là même qui savent aussi dessiner, voilà que moi aussi, non pour répondre à une mode, mais par un impérieux besoin, après plus d’un demi-siècle de figuratif, je me libère peu à peu des contraintes du visible et du réel.

Ma peinture s’intériorise et le pinceau, prolongement de mon corps et de mon esprit, s’enhardit à la découverte de formes nouvelles.

Le figuratif vient de céder le pas à l’abstraction lyrique. Une évolution naturelle, sans un soupçon de reniement pour un peintre à la maturité établie.




Jacques AUBRY - 2013
 



et une certaine vision du monde















































 
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